samedi 18 octobre 2014

CONFIDENCES AVEC LA MER






L’après-midi était calme et tiède. Maria Rita accéléra le pas en direction de la plage pour accomplir ce qui était devenu un rituel depuis son retour du « Sud », de son Angola natale. Arrivée à la plage, elle chercha du regard « son » rocher, une énorme pierre qui, parmi d’autres, jaillissait du sable blanc et auprès de laquelle viennent s’évanouir les ondes marines. Parfois paisibles, parfois furieuses, telles qu’elle face au destin que la vie lui imposa. Elle dévisagea son rocher, majestueux et libre. Elle avait toujours eu la chance de le retrouver vide, comme si à cette heure-là il lui était réservé…



Elle grimpa sur le rocher et s’y installa. La plage était déserte. Au loin, deux pêcheurs tiraient vers la plage une petite barque. Un sourire effleura les lèvres de la jeune fille… Ils lui rappelaient le vieux pêcheur qu’elle rencontrait souvent à la plage devant l’église du Cabo, sur l’île de Luanda. Curieux personnage qui fumait sa cigarette à l’envers, c'est-à-dire, avec la pointe allumée dans la bouche ! « Ne se brûle-t-il pas ? » demandait-elle émerveillée à sa mère, à chaque fois qu’elle le voyait. Cet épisode appartenait maintenant à un passé qui pour elle n’aurait plus d’avenir, car il s’arrêta le jour où, précipitamment, elle embarqua dans « le pont aérien » pour fuir à la menace de la guerre dans son pays natal. 



Maria Rita regarda vers la ligne d’horizon et tendit le bras comme si elle voulait l’attraper. Peut-être qu’en l’attrapant, elle s’emparerait aussi de ce passé qui resta au de-là de l’océan, rempli des jeux du quartier de son enfance et des fantaisies de ses premiers rêves d’adolescente. Car, au de-là de la mer, elle laissa un morceau de sa vie qui s’obstinait à ne pas se coller à celui qu’elle vivait au présent.



Ce fût un départ difficile, une rupture qu’elle refusait d’accepter, car ce ne fût pas son choix. Et, depuis ce moment-là, elle vivait en permanente révolte. Contre elle et contre tous ! Il n’y avait que la mer qui la calmait et plus celle-ci était agitée, plus sereine elle devenait, comme si l’océan l’apprivoisait. Voilà pourquoi elle y revenait chaque après-midi, pour lui parler et écouter ses conseils. Cet océan qui était devenu son confident était le seul ami qui pouvait la comprendre. Et cet après-midi là, elle devait lui parler, car elle avait besoin de son aide. Peut-être pourrait-il la ramener à son pays, au de-là de la ligne d’horizon…

– Oh, l’Océan, mon ami, pourquoi ne me ramènes-tu pas au pays où je suis née ? Laisse-moi embarquer dans tes ondes… S’il te plaît, mon ami ! – lui dit-elle en plein désespoir.  

  Que veux-tu fuir, Maria Rita ? – lui demanda la mer d’une voix rauque.

   De cet endroit !

   Mais cet endroit t’appartient !

   Comment m’appartient-il ? Je ne suis pas d’ici !

   Mais c’est le pays de tes parents, donc le tien aussi…

   Le mien ? Comment, si je ne le connais pas ?

  Comment ne le connais-tu pas ? Tes parents n’en t’ont jamais parlé ?

   Si… mais je n’ai jamais vécu ici. Je ne connais personne… Mes amis sont tous restés là-bas. Ma vie est restée là-bas ! Rien ici ne me rappelle mon passé !

  Ton passé ! Tu parles comme si ta mémoire t’empêchait de t’en rappeler et qu’il te faudrait quelque chose qui te fasse y penser ! Si tu y tiens tant, pourquoi as-tu besoin que l’on te rafraichisse la mémoire ? – demanda la mer ironique.

Maria Rita garda le silence pendant quelques instants, le regard perdu sur la vague qui s’approchait et qui, en se jetant sur le rocher, mouilla son visage.

  Eh, l’Océan ! Pourquoi cette furie ? Es-tu fâché contre moi ?

   Fâché, moi ? Et pourquoi ? C’est toi qui es fâchée contre toi-même ! Je ne sais pas si tu t’en étais rendu compte…

Comment puis-je être fâchée avec moi-même ? Et pour quelle raison ?

   C’est ce que je voudrais savoir…

La jeune fille plongea dans un nouveau silence. C’est bonne celle-là d’être fâchée avec soi-même ! La mer dit n’importe quoi ! Comment quelqu’un peut se fâcher avec soi-même ?

    Ne me réponds-tu pas ? – insista l’Océan.

   Que veux-tu que je te dise, si je n’ai même pas compris ta question ? Qu’est-ce que c’est que d’être fâchée avec moi-même ?

  Ne voulant pas accepter ta nouvelle vie, tu mets ton présent en conflit avec ton passé. Tu divises ta vie en deux vies, complètement distinctes et sans aucun lien entre elles. Et tu oublies que c’est toi qui portes en toi toutes les deux… Ce n’est pas parce que tu es partie d’un endroit que ton passé s’est perdu. À moins que tu sois devenue amnésique… – ajouta-t-il moqueur, avant de continuer :

  Tu sais, Maria Rita, contrairement à ce que tu puisses penser, tu as beaucoup de chance !

     J’ai beaucoup de chance, moi ?! Quelle idée ! Aujourd’hui tu ne dis que des bêtises !  Comment puis-je avoir de la chance si je me sens la créature la plus malheureuse de la terre ? – lui demanda-t-elle d’une petite voix qui trahissait son émotion.

C’est vrai ! Tu as beaucoup de chance. Est-ce que tu te rends compte de la richesse que tu portes en toi ?

Quelle richesse ? Nous sommes venus sans rien et tu oses encore me parler de richesse ?

De la richesse, oui, ma fille ! Et de celle que l’on ne perd jamais, car elle est intérieure. Tu viens d’autres horizons, d’autres cultures avec d’autres vécus, que d’une certaine façon tu as assimilés. Tout cela ne te quittera jamais. Tu as aussi l’avantage d’appartenir génétiquement à un peuple qui, même en terres lointaines, préserve tout au long des différentes générations les valeurs fondamentales de sa culture…

   Ce n’est pas parce que j’ai mangé de la catchupa ou écouté des mornas  et des coladeras que j’ai pu assimiler la culture cap-verdienne… – l’interrompit-elle irritée et dans la défensive.

   Là tu te trompes, Maria Rita, cette catchupa et ces  mornas  et  coladeras n’étaient que la partie visible de l’iceberg ! L’éducation que tu as reçue de tes parents n’était pas angolaise, mais cap-verdienne ! La même qu’ils avaient reçue avant de partir d’ici. Cependant, je ne veux pas dire que tu dois te sentir uniquement cap-verdienne, puisque tu as vécu aussi dans un autre milieu et que tu t’es identifiée avec ce pays où tu es née. Et à propos, si tu penses que la catchupa n’a pas pu faire de toi une cap-verdienne, penses-tu que le funge a fait de toi une angolaise ? – et l’Océan éclatât de rire.

Maria Rita fit la moue et préféra ne pas répondre. Elle regardait à nouveau l’horizon les sourcils froncés, pendant qu’elle réfléchissait à ce que l’Océan venait de lui dire. Il y avait une certaine logique dans les dires de la mer, mais elle lui échappait. La jeune fille frotta son nez, comme elle le fait quand elle est assaillie par un doute et ne sais pas quoi faire. « Que voulait-il dire avec ça ? » – murmura-t-elle entre ses dents.

  Veux-tu savoir ce que je veux dire avec ça ? – réagit l’Océan attentif. – Simplement que tu n’as pas besoin de nier ta capverdianité pour préserver ton angolanité ! Et c’est cela ta richesse que personne ne pourra jamais te voler. Ta vie d’aujourd’hui est un prolongement de la précédente. Ce n’est pas une autre vie, mais la même qui se poursuit dans un autre pays, que tu dois aussi apprendre à aimer.

Et ma patrie ? Lequel de ces pays sera ma patrie ? – demanda-t-elle avec déchirement.

  Est-ce cela important pour toi ?

  Bien sûr et trop même ! Tout le monde a le droit d’avoir une patrie, non ? – une certaine irritation dénonçait l’état de son âme.

Alors tu seras encore plus heureuse quand tu découvriras que tu as une super patrie !

  Une super patrie ? Qu’est-ce que c’est ça ? Je pense que tu deviens fou à force de boire tout ce pétrole que l’on déverse sur toi…

Pour la première fois, depuis le début de cette conversation, Maria Rita ébaucha un sourire. C’était une occasion de provoquer l’Océan, toujours sûr de lui-même. Mais celui-ci feignit ne pas avoir compris la tirade pour ne pas dévier la conversation vers un autre sujet. Il poursuivit :

  C’est ce que je te dis, une super patrie, une terre de rêve, située quelque part dans un monde imaginaire et dépourvu d’une dimension terrestre. Ses frontières embrassent en même temps l’époque de ton enfance et de ton adolescence et ta vie actuelle, dans une parfaite harmonie, sans discriminations, sans exclusions, car il s’agit du pays qui a été crée rien que pour toi.

Tu es complètement fou ! Une patrie imaginaire ? D’où sors-tu cela ?

  Elle sera imaginaire tant que tu ne l’accepte pas… car elle existe en toi ! C’est une vérité que tu ne dois pas ignorer si tu veux vraiment avoir une vie sereine. Notre passé ne nous sert que quand il est utile à notre présent et à notre futur. Si nous l’enfermons dans un compartiment, même revêtu d’or et de diamants, il ne nous sert à rien. Laisse-le entrer dans ton présent pour que tu puisses construire un avenir serein et harmonieux… 

Maria Rita n’écoutait plus l’Océan qui continuait à parler et dont la voix lui semblait de plus en plus éloignée. Son attention se concentrait sur ce que son ami venait de lui dire, sur cette patrie imaginaire qui l’habitait… Aurait-il raison ? Serait-elle qui compliquait tout ? Oui, il avait raison ! Dans cette patrie imaginaire elle retrouverait « son » Angola et le Cap Vert de ses parents, qui maintenant lui paraissait moins étranger et plus proche, car elle laissait son cœur s’en approcher doucement, mais sûrement. Tout d’un coup, elle sentit une immense joie l’envahir. L’Océan avait raison ! Cette patrie existait vraiment et elle venait de la découvrir. Il fallait dire cela à son ami et le remercier de lui avoir rendu son passé qui était resté au de-là de l’horizon… Elle se mit debout sur le rocher et tout en mettant ses mains autour de sa bouche, tel un haut-parleur, elle cria :

Merci, l’Océan, de m’avoir fait comprendre ce que je ne voulais pas accepter !

L’océan ne répondit pas. Une vague, qui était venue se heurter contre le rocher, reculait tranquillement vers le large. Maria Rita insista :

  Est-ce que tu m’entends l’Océan. Écoute-moi, mon ami !

La mer resta muette. Petit à petit elle s’aperçut d’un bruit qui venait des rochers environnants. Elle se retourna et vit sa mère qui essayait de maintenir son équilibre sur les rochers pendant qu’elle avançait vers sa fille.

  Que fais-tu ici, Maria Rita ? Je t’ai cherchée partout ! Avec qui parlais-tu ? Je ne vois personne par ici… Ça va, ma fille ?

  Oh, maman, je ne me suis jamais sentie aussi bien. Donne-moi ta main et rentrons à la maison. J’ai envie d’écouter une morna et j’aimerais que tu l’écoutes avec moi.

        Une morna… laquelle, ma fille ?

        Mar de Canal

Maria Rita prit la main de sa mère et, ensemble, elles descendirent du rocher. Elle se retourna une dernière fois vers l’Océan et lui fit un clin d’œil complice. 




samedi 13 septembre 2014

SUNGUILA*






-   Tia Velha, conta aí uma das tuas estórias !
-   Mjjjjjjjj! Já lhi disse que não sou tua tia! E se sou velha, tu é mais ainda! Ou já esqueceu que quando eu vim morar aqui, ainda minina e moça, tu já tava a criar caruncho aí no teu poleiro?! E que estória tu quer pra eu te contar? Já te contei todas as minha estória!
-   Eh!eh! Bons tempos aqueles em que eras menina e moça! Ainda me lembro do teu ar de gazela, cabeleira frondosa e aqueles brincos doirados que trazias em cachos. Eras mesmo um pedaço!
-   É, você quer me adoçar minha boca pra ver se eu conto! Ma não conto, não!
-   Deixa-te de fitas! Conta lá aquela do dia em que a polícia te foi visitar!
-   Hummmm... só conto si você cantar pra mim!
-   Cantar?! Sabes bem que perdi a minha voz depois de tantos anos em silêncio. Conta essa da polícia. Não te lembras?
-   Como não mi lembro! Nunca tive tanto medo na minha vida... Só por causa dos safado daquêlis minino!
-    Safados? Mas são os teus queridos meninos que sempre defendeste e com cujas patifarias te deleitavas! Os teus maravilhosos alunos do liceu!
-   Com leite ou sem leite, eles foram mesmo uns safado dessa veiz. Tu lembra bem como eu dizia sempri pra eles parar com aquelas conversa mêsmo aqui dibaixo da minha janela.
-   Mas afinal o que diziam eles?
-   Hum! Conversa de genti grande, qui minino de liceu não deve falar.
-   Mas que conversa?
-   Hum! Política...Luta... Indipendência... Genti do mato, sei lá! Muita coisa não entendia mêmo. E falava também dum barbudo qui si chamava Maxismo. Isso é nomi de genti?!
-   Não é maxismo, mas sim marxismo e não é nome de ninguém. É uma teoria criada por um homem, de facto barbudo, que se chamava Karl Marx.
-   E como é que tu quer que eu sei? Não andei na escola como você que virou mestre! Pequinininha, comecei minha vida na quitanda a vender o fruto do meu suor!
-   Mas conta lá! O que disseram os polícias?
-   Ué! Ninguém falou! Chigou só e começou a dar porrada nos minino. Tem dois qui consiguiu fugir nas traseira do meu quintal e depois saltou nos campo de jogo do liceu. Os qui ficou levou bué de porrada...
-   Muita tareia.
-   Quê?
-   Os que ficaram levaram muita tareia.
-   Ué? Não é a mêma coisa?
-   Não é, não!
-   Ué?! Então porquê você me corrigiu si não é a mêma coisa?
-   É o mesmo acto, mas dito de uma maneira mais... correcta. Bem, mas isso não importa, que eu já desisti de te ensinar a falar como deve ser... Nem com todos esses anos a escutar conversas de estudantes tu conseguiste aprender!
-   Ché! Pára de mi insultar! Você queres dizer qui sou burra?
-   Nada disso, minha amiga! Estou só a brincar contigo!
-   Hum! Mjjjjjj....
-   Acaba lá a tua estória. O que fizeram os polícias a esses meninos que levaram tare... bué de porrada?
-   Viu que você também fala como eu?!
-   He! He!
-   Bem, os policia carregou os minino e levou tudo na esquadra e no dia seguinte veio um policia aqui na minha casa com o doutor do liceu...
-   Com o Reitor do liceu?
-   Esse mêmo, esse que manda aí no liceu. Sabe quê que o polícia falou pra êli? Si os minino não pára de vir juntar aqui no pé da minha janela, êlis deita meu muro abaixo! Você viu se eu ficava mêmo sem muro? Agora é qui os safadinho entrava mêmo no meu quintal pra roubar meu ganha pão!
-   Mas esse teu muro nunca os impediu de entrar e ir roubar o teu ganha pão!
-   É, nisso tu tem razão! E ainda se era pra comer! Mas muita veiz era pra atirar nos camião dos monangambé! Os coitado já ia no castigo na carroça do camião e inda levava com coisa nas cabeça! Era mesmo uns safadinho, mas eu gostava muito dêlis. Cabeça rijo da idade, mas não era mau, não senhor! Só brincadeira!
-   De muito mau gosto, na maior parte das vezes!
-   Chê! Não jagera.
-   E-xa-ge-ra.
-   Lá vem você outra veiz! Daqui a pouco mi calo de veiz!
-   Mas acaba lá a estória da polícia e do muro. Os meninos voltaram a vir para o teu muro?
-   Durante uns tempo não e dipois veio outros. Esses aí uns tinha cabelo comprido como as minina e vestia camisa com florzinha. Ai ué! Me ria tanto! E as calça, você si lembra daquelas calça qui parecia saco di boca pra baixo? Mas não voltaram mais com aquelas conversa di política. Só fumar uns cigarrinho qui êlis mêmo enrolava.
-   Isso também não devia ser muito católico!
-   Eh! Juventude! Sabi uma coisa? Tenho muita saudade daquêli tempo. Mi lembro qui quando caiavam o muro do liceu, caiavam o meu também. Agora já ninguém caia...
-   É, velhos tempos minha amiga, mas agora os tempos são outros, os meninos já não têm tempo para brincar! A vida está dificil.
-   Difícil mêmo! Vender fruta já não chega pra viver! Agora é só esperar nossa hora...
-   Hi! Tanta desanimação! Qual nossa hora! A gente está aqui ainda para durar! Deus é pai e a Virgem é mãe! Vais ver que tu ainda hás-de voltar a vender a tua fruta e a ter o teu muro caiado. E eu vou recuperar a minha voz! E ainda vais ter muitas estorias de meninos para contar, pois eles voltarão a sentar-se no teu muro!
-   Ai! Mestre Sino das Torre! Só memo você pra adoçar a boca daqui da Maria Manguêira!

* Sunguila (t. Kinbundo): Passar a noite a conversar, geralmente a contar histórias






samedi 17 mai 2014

VIANA, TAL COMO A SENTI...



Menina do rio
Do monte
E do mar
De beleza serena
Contrastes e cores
Em seu coração palpitam a história
E as memórias que do tempo guardou
Traz no corpo um acorde perfeito
Do passado e presente que casou
Deu filhos ao mar e caminhos ao mundo
Lançou com arrojo um desafio ao futuro
Menina do povo
Nobre se tornou
Seu nome primeiro...
Viana da Foz do Lima
Mas quando a nobreza chegou
A “vila notável”
Viana do Castelo se chamou...


VIANA, TAL COMO A SENTI...

Foi em 2005 que fui pela primeira vez a Viana do Castelo. Uma estada curta de pouco mais de uma trintena de horas para participar, a convite da Câmara Municipal e do  Centro Cultural do Alto Minho, nas edições desse ano da Feira do Livro e da Lusofonia. Razões profissionais não me deixaram ficar mais tempo nessa bela cidade para melhor conhecê-la. Mas foi o suficiente para que me apercebesse de que estava perante uma cidade que fez História e que corajosamente desafiava o futuro.

Confesso que Viana me surprendeu pela positiva! A Viana que descobri estava longe da que registara a minha memória de menina, marcada por aquilo que me ficou das lições de história e geografia de “Portugal Continental”, nos já longínquos anos sessenta da minha escola primária. Não sei se foi o filtro do tempo ou se um ensinamento parcial ou incompleto, o certo é que de Viana do Castelo guardei apenas duas referências: ter sido a capital da província do Minho, a primeira do “Portugal do Minho a Timor” e a exuberância dos belos trajes tradicionais dessa região, que muitas vezes eram escolhidos como trajes de Carnaval nos desfiles realizados no então Parque dos Heróis de Chaves de Luanda, cidade que me viu nascer e crescer...

Fiquei alojada no “coração da cidade”, o que me deu a ocasião, nos poucos tempos livres de que dispunha, de dar um passeio pela urbe. Primeiro pelo Centro Histórico, onde me encantei com uma Viana que soube trazer modernidade a um património do passado numa harmonia serena. O edifício dos Paços do Concelho, a Casa da Mesericórdia, o Chafariz e tantos outros, saídos de uma outra época, resplandeciam revigorados pelas suas atribuições numa cidade que mostrava prosperidade em pleno século XXI.  Foi o Museu do Traje que estabeleceu uma ligação entre a Viana que eu descobria e aquela que guardava na minha recordação, pois logo imaginei quantos carnavais os trajes que ele guardava poderiam alimentar!

Museu do Traje

Um outro momento forte foi a subida ao Monte de Santa Luzia e a breve visita ao Monumento do Sagrado Coração de Jesus. De lá de cima, com a cidade a meus pés, perguntei-me se a benção para uma tal harmonia urbanística não viria desse Coração protector...

Filha de ilhéus e criada à beira mar, não poderia ter deixado de descer à margem do rio, lá onde ele se lança no oceano. O oceano que é o mesmo das ilhas das minhas raízes[1], da terra do meu berço[2] e do país que se tornou também meu[3]. O Oceano Atlântico, a estrada pela qual partiram as Caravelas e muitas delas, certamente, daquele ponto preciso onde eu me encontrava. Apazigua-me o mar, meu confidente de sempre. E foram longos os minutos que lá permaneci, falando comigo mesma ou com a menininha que fui, dizendo-lhe que, finalmente, conhecera Viana do Castelo e que ela não tinha apenas os trajes tradicionais dos carnavais da minha infância!

Mas a sabura[4] e a morabeza[5] de uma terra não são determinadas apenas pela beleza da sua paisagem natural ou dos seus monumentos. As suas gentes são o espelho através do qual se reflecte a sua alma. E em Viana senti a morabeza dos seus habitantes, nas ruas, nos comércios e, particularmente, nas pessoas que me acolheram e hospedaram, tratando-me como se da família fosse. Descobri o encanto de uma cidade que o conforto do progresso não parecia ter destruído o seu lado humano. E, quando, na manhã do meu regresso, partia para o aeroporto, a cidadã do mundo que habita em mim sentiu que deixava um chão[6] onde não se importaria de viver um dia...

30 de Abril de 2007








[1] Cabo Verde
[2] Angola
[3] Guiné-Bissau
[4] O que é bom (termo guineense)
[5] hospitalidade (termo caboverdiano)
[6] terra, local (expressão guineense)

jeudi 8 mai 2014

SEGUNDA GERAÇÃO DIASPÓRICA: ENTRE O SER E O SENTIR

Testemunho



IDENTIDADE

Busco raízes profundas
No sangue das Ilhas
A semente germinada
Em terras fartas do Maiombe
A flor desabrochada
Nas Colinas do Boé
E encontro
Os caminhos cruzados do meu eu

Caminhos de ontem
Caminhos de hoje
Horizontes infindos
Que fazem do meu eu
O ser de amanhã

Caminhos cruzados do meu eu
Trilhados por riquezas sem fronteiras
Criastes um Ser
Que é ele
O outro
E sou eu!
                                                                                 

Quando as fronteiras deixam de ter sentido e a Pátria não é mais do que o encontro de vivências cruzadas...

Foi em 1975, já com os meus dezanove anos completados, que me confrontei pela primeira vez com a questão identitária e nessa altura estava longe de imaginar o quão complexo pode ser o forjar de uma identidade quando se nasce e se vive além-fronteiras da terra mãe dos seus genitores.

De Cabo Verde trago as raízes, de Angola o berço e da Guiné-Bissau a escola da vida, países que têm como denominador comum o facto de terem pertencido ao “Império Português”, facto esse que não é alheio à forma inclusiva como se forjou a identidade que defino como sendo a minha hoje.

Nasci em Luanda, onde vivi até aos 19 anos. Pertenço, pois, a uma “segunda geração” de cabo-verdianos que foram para aquela então província portuguesa em busca de novos horizontes, levando consigo uma herança cultural que tão bem souberam transmitir aos seus descendentes.

Em casa, dominava a presença cabo-verdiana: o crioulo, os costumes, a música, a culinária, os amigos e, sobretudo, as histórias contadas pela minha avó materna do seu Cabo Verde da primeira metade do século XX. Esse Cabo Verde que se tornou também um pouco meu, preenchendo o meu imaginário com as histórias do Lobo e do Chibinho, das damas com pé de cabra ou simplesmente com as histórias do Dr. Paradinha, professor e chefe da minha avó no hospital da Praia...

Na escola impunha-se a presença portuguesa, sentida no entanto de uma forma meio ambígua: a cultura e a língua portuguesas, certo, a história de Portugal também, mas tudo isso acompanhado de um sentimento de rivalidade em relação à metrópole. Talvez por os colegas metropolitanos, desembarcados de fresco, considerarem os naturais de Angola como cidadãos de segunda. E essa rivalidade fez desenvolver um “sentir angolano” bem característico da juventude da minha geração não originária de Angola, sentir esse que se alimentava na cultura de raiz angolana de que a música se revelou como sendo um instrumento privilegiado de divulgação.

Nesta encruzilhada de referências, com um pano de fundo de uma guerra nas colónias portuguesas com vista à libertação dos respetivos povos do jugo colonial, eu sentia-me “angolana, filha de Cabo-verdianos” e essa ordem não era arbitrária... Cabo Verde era uma espécie de retaguarda, de referência inegável sem dúvida, mas era a terra dos meus pais, pois a minha era Angola...

A guerra civil que ali eclodiu em 1975, nas vésperas da Independência, levou a que partíssemos do país que me viu nascer.

Foi então a rutura causada por essa indesejada, inesperada e precipitada partida que me pôs, pela primeira vez, perante uma grande questão existencial: “O que sou realmente?. Pergunta à qual, ainda hoje, volvidos 37 anos, sou incapaz de responder com uma única palavra...

Na verdade consegui ultrapassar essa primeira rutura agarrando-me àquilo que o meu país de adoção, a Guiné-Bissau para onde fui viver, me oferecia: participar na realização dos seus sonhos de jovem nação. E nessa batalha da reconstrução nacional da pós-independência imediata, com a Unidade Guiné-Cabo Verde como pano de fundo, se forjou em mim um "sentir guineense", (que hoje defino antes como a faceta guineense da minha identidade), que veio de certa forma preencher a “orfandade” deixada em mim pela ablactação inesperada da minha terra natal. Essa identidade de substituição, ou que foi por mim vivida como tal, mesmo que de forma inconsciente, tornou-se quase exclusiva. Identificar-me, na altura, unicamente como guineense bastava-me e no entanto não tinha renegado as minhas origens nem o meu passado no país da Welvitcha Mirabilis.

Porém o processo histórico da Guiné-Bissau enveredou por percursos que a distanciaram dos sonhos e valores que tinham tecido essa minha “identidade”, fragilizando assim o sustentáculo desta. O golpe de estado de 1980, que pôs termo a toda veleidade de uma unidade entre a Guiné e Cabo Verde, e a guerra civil de 1998/1999 foram golpes fatais que fizeram ruir os alicerces dessa identidade. A nível mais pessoal cito a maneira como o Ministério dos Negócios Estrangeiros me afastou da Função Pública em 1996, sendo eu na altura conselheira para os assuntos económicos na embaixada em Bruxelas. Nenhuma explicação me foi dada de forma oficial ou até mesmo oficiosa e isso apesar das inúmeras cartas que enviei ao ministro de então, bem como aos seus sucessores, com cópias para a Primatura, Presidência da República e Ministério da Função Pública, pedindo uma explicação desse meu afastamento e um procedimento administrativo como previsto na lei da Função Pública. Por que razão terei sido afastada se nenhum processo disciplinar me foi feito por erro profissional? Porém tenho a consciência tranquila de ter exercido com afinco, brio e lealdade os cargos que ocupei na Função Pública guineense.

A conjugação destes factos, que muito me abalaram, colocou-me perante uma nova rutura. Desta vez, a rutura não era unicamente entre mim e o “meu país”, mas também algo de bem mais profundo. Era uma rutura dentro de mim mesma, entre aquilo em que eu pensava me ter tornado e o que inconscientemente eu era na realidade. Em duas palavras entrei numa “crise de identidade”!

Foi então que decidi fazer uma pausa para proceder ao balanço da minha existência: compreender de onde vinha e em que me tinha tornado ao longo da minha vida. Dessa pausa nasceu um romance cuja protagonista tem um percurso onde integração e exclusão se confrontam, num braço de ferro entre imposição e preservação de culturas, e em que o apaziguamento só pode ser alcançado pela busca da própria identidade numa dinâmica universal. Sem ser uma autobiografia, este exercício literário permitiu-me exorcizar as minhas deceções, angústias e ressentimentos ao mesmo tempo que me levou a uma redefinição da natureza da minha própria identidade.

Na verdade, pelas minhas origens cabo-verdianas, o meu nascimento, infância e juventude na Angola colonial, por conseguinte marcada também pela presença portuguesa, bem como pela minha vivência guineense desde 1975, liguei-me com laços tão profundos a esses países que seria redutor enclausurar em fronteiras geográficas uma identidade cujos alicerces afinal ultrapassam a contribuição própria de cada país. E a estas influências devo acrescentar o contributo de outros dois países onde vivi largos anos, embora de um outro modo: a França e a Bélgica.

Partindo do princípio de que a identidade cultural é determinada pelo conjunto de valores através dos quais se manifestam as relações entre indivíduos de um mesmo grupo que partilham patrimónios comuns, como a cultura, a língua, a religião, os costumes, entre outros, ela não é um processo estático, evoluindo à medida que a sociedade avança do ponto de vista cultural, social, económico e político. Do mesmo modo, a integração de um indivíduo no seio de uma nova sociedade vai de uma forma ou de outra influenciar a sua própria identidade por pô-lo em contacto com novos valores culturais, sociais e políticos.

Desta feita, o fenómeno da emigração desempenha um papel fundamental na miscigenação cultural, a nível de cada indivíduo emigrado, mas também com um efeito sobre as comunidades de origem, graças ao permanente intercâmbio entre o emigrante e estas. Se as primeiras gerações podem continuar a sentir-se ou a definir-se exclusivamente como cidadãs dos países de origem, com uma ligação quase visceral” à mãe pátria, a questão já não se põe de forma tão linear no caso das segundas gerações, estas já nascidas no país de acolhimento. Com efeito e apesar da forte presença da cultura de origem no seio familiar, o filho do emigrante vai, particularmente através da instituição escolar, conviver com outras culturas, outros hábitos que acaba também por assimilar. Duas situações podem daí advir. A mais corrente parece ser a da convivência sem conflitos dessas duas culturas, em que o indivíduo, não excluindo o facto de pertencer ao país dos seus progenitores, reivindica também a sua pertença ao país onde nasceu. A segunda e a mais rara é a da adoção exclusiva da cultura do país onde nasceu, rejeitando completamente a cultura de origem, comportamento geralmente determinado por um complexo de inferioridade da cultura de origem em relação à do país de acolhimento.

Pertencer a duas (ou mais) culturas é sem dúvida uma riqueza pessoal, mas por essa razão não deixa de constituir uma fonte de um certo desconforto”. Em primeiro lugar pelo facto de que entre o sentir” e o ser” existe um elevado grau de subjetividade. O indivíduo que se identifique com determinada comunidade que adotou, não é necessariamente visto pelos elementos da referida sociedade como sendo um dos seus. O mesmo é plausível com a própria comunidade de origem que o pode catalogar de “estrangeirado”, o que não deixa de provocar nele um certo constrangimento e sentimento de discriminação. Em ambos os casos, essas atitudes podem ter implicações na integração do indivíduo. Por outro lado, uma múltipla pertença pode criar a frustração de não se pertencer verdadeiramente a nenhuma das culturas: à de origem por não se ter uma vivência in loco da mesma e à do país de adoção, por não ter sido uma cultura de “berço”. Esta situação faz com que o indivíduo viva com uma dicotomia antagónica: a força e a fragilidade de quem abraçou vários horizontes. A força, pelo acumular de vivências cruzadas que lhe permitem saber estar com outros e a fragilidade, pelo gosto amargo que fica da sensação de finalmente não pertencer a lugar nenhum, por serem diversos os horizontes de referência.

No meu caso pessoal, ainda bem mais complicado pela mobilidade que tem caracterizado a minha vida, marcada por muitas horas di bai. A sensação que tive durante muito tempo era a de estar em permanente passagem, sensação essa que muito contribuiu para a “crise de identidade” que conheci em 1998. Na verdade, a minha “ancoragem” na Guiné-Bissau foi de tal forma exclusiva que, ao se desmoronarem os valores que me fizeram identificar com esse país, senti um enorme vazio. Porém isso não deixou de ser positivo, na medida em que me obrigou a tomar consciência de que eu tinha outras referências culturais e identitárias, determinadas pelas minhas origens e pela vivência anterior à guineense. E foi nessa base que me “reconstituí”, indo buscar às minhas origens cabo-verdianas os alicerces de uma identidade multifacetada para a qual contribuíram todas as minhas experiências de vida em cada um dos países onde vivi. Hoje, coabitam em mim a cabo-verdiana, a angolana e a guineense, num perfeito equilíbrio e complementaridade. Sou capaz de me sentir cada uma delas separadamente, isto é, sentir-me cabo-verdiana no meio cabo-verdiano, angolana com os angolanos e guineense com a comunidade guineense e no entanto ser capaz de me sentir como o vértice convergente das três. E é aqui que o que anteriormente defini como o denominador comum aos “meus” países (isto é o elo que Portugal acabou por ser entre as suas colónias) constituiu um fator de integração dessas três facetas identitárias pelas influências que teve nas culturas desses países e por conseguinte na minha identidade.

Graças a essa demanda identitária numa dinâmica transnacional, recusando-me a fechar-me dentro de fronteiras incapazes de abrangerem o “sentir” que é o meu, pude finalmente reencontrar a serenidade perdida no momento da rutura.  

Hoje a minha Pátria não se define como um espaço geográfico, mas sim como um espaço de encontro de vivências e culturas que não conhece a barreira das fronteiras e onde o “sentir” conta mais do que o “ser”...

Filomena Vieira