dimanche 16 novembre 2014

CADEAU DE NOËL


L'enfant triste, céramique de Lourdes Vieira




Dans le regard perdu de l’enfant 
Se reflète la tristesse 
Une vie de lutte 
Que le destin lui donna

Garçon à tout faire
Garçon laboureur
Garçon berger
Il est parti très loin
À la recherche de la vie
Jour après jour
Et tout au long de la nuit
Quand le noir est plus noir
Et que le ricanement des hyènes
Résonne au loin

L’enfant triste
À l’âge tendre
Ne sait plus
Depuis combien de pluies
La tristesse s’empara de lui!
Il ne connait que ce que la vie lui apprit
La crainte du fouet
Le froid de la nuit
Et la faim constante...

C’est Noël
Et l’enfant est triste
Il ne voit pas les lumières
Ni les guirlandes
Il préfère la magie
De la splendeur des étoiles
Fidèles compagnes
Des nuits étoilées

Il a peur des rires
Des autres passants
Qui lui rappellent les hyènes
Dans les nuits sans étoiles !

Fais-moi un sourire
L’enfant triste !
C’est la fête
C’est Noël
Donne-moi ta main

En échange je reçois
Un regard larmoyant
L’enfant triste
Ne sourit plus...

Je lui offre un ballon
Il me dit non !
Je lui donne un petit jouet
Il me dit
Je n’en veux pas !
Et un morceau de pain ?
C’est encore non !

L'enfant triste
Veux-tu jouer ?
Sais-tu jouer au ballon ?
Veux-tu du pain ?
Et il me dit non !

Veux-tu un cadeau ?
Ah oui je le veux !
Mais quel cadeau
L'Enfant triste ?
Je veux un cadeau
Que personne ne peut offrir
Je veux un câlin
De mille caresses
Je veux le bonheur
De mille tendresses
Je veux me perdre
Dans la douce étreinte
De ma maman !




samedi 18 octobre 2014

CONFIDENCES AVEC LA MER






L’après-midi était calme et tiède. Maria Rita accéléra le pas en direction de la plage pour accomplir ce qui était devenu un rituel depuis son retour du « Sud », de son Angola natale. Arrivée à la plage, elle chercha du regard « son » rocher, une énorme pierre qui, parmi d’autres, jaillissait du sable blanc et auprès de laquelle viennent s’évanouir les ondes marines. Parfois paisibles, parfois furieuses, telles qu’elle face au destin que la vie lui imposa. Elle dévisagea son rocher, majestueux et libre. Elle avait toujours eu la chance de le retrouver vide, comme si à cette heure-là il lui était réservé…



Elle grimpa sur le rocher et s’y installa. La plage était déserte. Au loin, deux pêcheurs tiraient vers la plage une petite barque. Un sourire effleura les lèvres de la jeune fille… Ils lui rappelaient le vieux pêcheur qu’elle rencontrait souvent à la plage devant l’église du Cabo, sur l’île de Luanda. Curieux personnage qui fumait sa cigarette à l’envers, c'est-à-dire, avec la pointe allumée dans la bouche ! « Ne se brûle-t-il pas ? » demandait-elle émerveillée à sa mère, à chaque fois qu’elle le voyait. Cet épisode appartenait maintenant à un passé qui pour elle n’aurait plus d’avenir, car il s’arrêta le jour où, précipitamment, elle embarqua dans « le pont aérien » pour fuir à la menace de la guerre dans son pays natal. 



Maria Rita regarda vers la ligne d’horizon et tendit le bras comme si elle voulait l’attraper. Peut-être qu’en l’attrapant, elle s’emparerait aussi de ce passé qui resta au de-là de l’océan, rempli des jeux du quartier de son enfance et des fantaisies de ses premiers rêves d’adolescente. Car, au de-là de la mer, elle laissa un morceau de sa vie qui s’obstinait à ne pas se coller à celui qu’elle vivait au présent.



Ce fût un départ difficile, une rupture qu’elle refusait d’accepter, car ce ne fût pas son choix. Et, depuis ce moment-là, elle vivait en permanente révolte. Contre elle et contre tous ! Il n’y avait que la mer qui la calmait et plus celle-ci était agitée, plus sereine elle devenait, comme si l’océan l’apprivoisait. Voilà pourquoi elle y revenait chaque après-midi, pour lui parler et écouter ses conseils. Cet océan qui était devenu son confident était le seul ami qui pouvait la comprendre. Et cet après-midi là, elle devait lui parler, car elle avait besoin de son aide. Peut-être pourrait-il la ramener à son pays, au de-là de la ligne d’horizon…

– Oh, l’Océan, mon ami, pourquoi ne me ramènes-tu pas au pays où je suis née ? Laisse-moi embarquer dans tes ondes… S’il te plaît, mon ami ! – lui dit-elle en plein désespoir.  

  Que veux-tu fuir, Maria Rita ? – lui demanda la mer d’une voix rauque.

   De cet endroit !

   Mais cet endroit t’appartient !

   Comment m’appartient-il ? Je ne suis pas d’ici !

   Mais c’est le pays de tes parents, donc le tien aussi…

   Le mien ? Comment, si je ne le connais pas ?

  Comment ne le connais-tu pas ? Tes parents n’en t’ont jamais parlé ?

   Si… mais je n’ai jamais vécu ici. Je ne connais personne… Mes amis sont tous restés là-bas. Ma vie est restée là-bas ! Rien ici ne me rappelle mon passé !

  Ton passé ! Tu parles comme si ta mémoire t’empêchait de t’en rappeler et qu’il te faudrait quelque chose qui te fasse y penser ! Si tu y tiens tant, pourquoi as-tu besoin que l’on te rafraichisse la mémoire ? – demanda la mer ironique.

Maria Rita garda le silence pendant quelques instants, le regard perdu sur la vague qui s’approchait et qui, en se jetant sur le rocher, mouilla son visage.

  Eh, l’Océan ! Pourquoi cette furie ? Es-tu fâché contre moi ?

   Fâché, moi ? Et pourquoi ? C’est toi qui es fâchée contre toi-même ! Je ne sais pas si tu t’en étais rendu compte…

Comment puis-je être fâchée avec moi-même ? Et pour quelle raison ?

   C’est ce que je voudrais savoir…

La jeune fille plongea dans un nouveau silence. C’est bonne celle-là d’être fâchée avec soi-même ! La mer dit n’importe quoi ! Comment quelqu’un peut se fâcher avec soi-même ?

    Ne me réponds-tu pas ? – insista l’Océan.

   Que veux-tu que je te dise, si je n’ai même pas compris ta question ? Qu’est-ce que c’est que d’être fâchée avec moi-même ?

  Ne voulant pas accepter ta nouvelle vie, tu mets ton présent en conflit avec ton passé. Tu divises ta vie en deux vies, complètement distinctes et sans aucun lien entre elles. Et tu oublies que c’est toi qui portes en toi toutes les deux… Ce n’est pas parce que tu es partie d’un endroit que ton passé s’est perdu. À moins que tu sois devenue amnésique… – ajouta-t-il moqueur, avant de continuer :

  Tu sais, Maria Rita, contrairement à ce que tu puisses penser, tu as beaucoup de chance !

     J’ai beaucoup de chance, moi ?! Quelle idée ! Aujourd’hui tu ne dis que des bêtises !  Comment puis-je avoir de la chance si je me sens la créature la plus malheureuse de la terre ? – lui demanda-t-elle d’une petite voix qui trahissait son émotion.

C’est vrai ! Tu as beaucoup de chance. Est-ce que tu te rends compte de la richesse que tu portes en toi ?

Quelle richesse ? Nous sommes venus sans rien et tu oses encore me parler de richesse ?

De la richesse, oui, ma fille ! Et de celle que l’on ne perd jamais, car elle est intérieure. Tu viens d’autres horizons, d’autres cultures avec d’autres vécus, que d’une certaine façon tu as assimilés. Tout cela ne te quittera jamais. Tu as aussi l’avantage d’appartenir génétiquement à un peuple qui, même en terres lointaines, préserve tout au long des différentes générations les valeurs fondamentales de sa culture…

   Ce n’est pas parce que j’ai mangé de la catchupa ou écouté des mornas  et des coladeras que j’ai pu assimiler la culture cap-verdienne… – l’interrompit-elle irritée et dans la défensive.

   Là tu te trompes, Maria Rita, cette catchupa et ces  mornas  et  coladeras n’étaient que la partie visible de l’iceberg ! L’éducation que tu as reçue de tes parents n’était pas angolaise, mais cap-verdienne ! La même qu’ils avaient reçue avant de partir d’ici. Cependant, je ne veux pas dire que tu dois te sentir uniquement cap-verdienne, puisque tu as vécu aussi dans un autre milieu et que tu t’es identifiée avec ce pays où tu es née. Et à propos, si tu penses que la catchupa n’a pas pu faire de toi une cap-verdienne, penses-tu que le funge a fait de toi une angolaise ? – et l’Océan éclatât de rire.

Maria Rita fit la moue et préféra ne pas répondre. Elle regardait à nouveau l’horizon les sourcils froncés, pendant qu’elle réfléchissait à ce que l’Océan venait de lui dire. Il y avait une certaine logique dans les dires de la mer, mais elle lui échappait. La jeune fille frotta son nez, comme elle le fait quand elle est assaillie par un doute et ne sais pas quoi faire. « Que voulait-il dire avec ça ? » – murmura-t-elle entre ses dents.

  Veux-tu savoir ce que je veux dire avec ça ? – réagit l’Océan attentif. – Simplement que tu n’as pas besoin de nier ta capverdianité pour préserver ton angolanité ! Et c’est cela ta richesse que personne ne pourra jamais te voler. Ta vie d’aujourd’hui est un prolongement de la précédente. Ce n’est pas une autre vie, mais la même qui se poursuit dans un autre pays, que tu dois aussi apprendre à aimer.

Et ma patrie ? Lequel de ces pays sera ma patrie ? – demanda-t-elle avec déchirement.

  Est-ce cela important pour toi ?

  Bien sûr et trop même ! Tout le monde a le droit d’avoir une patrie, non ? – une certaine irritation dénonçait l’état de son âme.

Alors tu seras encore plus heureuse quand tu découvriras que tu as une super patrie !

  Une super patrie ? Qu’est-ce que c’est ça ? Je pense que tu deviens fou à force de boire tout ce pétrole que l’on déverse sur toi…

Pour la première fois, depuis le début de cette conversation, Maria Rita ébaucha un sourire. C’était une occasion de provoquer l’Océan, toujours sûr de lui-même. Mais celui-ci feignit ne pas avoir compris la tirade pour ne pas dévier la conversation vers un autre sujet. Il poursuivit :

  C’est ce que je te dis, une super patrie, une terre de rêve, située quelque part dans un monde imaginaire et dépourvu d’une dimension terrestre. Ses frontières embrassent en même temps l’époque de ton enfance et de ton adolescence et ta vie actuelle, dans une parfaite harmonie, sans discriminations, sans exclusions, car il s’agit du pays qui a été crée rien que pour toi.

Tu es complètement fou ! Une patrie imaginaire ? D’où sors-tu cela ?

  Elle sera imaginaire tant que tu ne l’accepte pas… car elle existe en toi ! C’est une vérité que tu ne dois pas ignorer si tu veux vraiment avoir une vie sereine. Notre passé ne nous sert que quand il est utile à notre présent et à notre futur. Si nous l’enfermons dans un compartiment, même revêtu d’or et de diamants, il ne nous sert à rien. Laisse-le entrer dans ton présent pour que tu puisses construire un avenir serein et harmonieux… 

Maria Rita n’écoutait plus l’Océan qui continuait à parler et dont la voix lui semblait de plus en plus éloignée. Son attention se concentrait sur ce que son ami venait de lui dire, sur cette patrie imaginaire qui l’habitait… Aurait-il raison ? Serait-elle qui compliquait tout ? Oui, il avait raison ! Dans cette patrie imaginaire elle retrouverait « son » Angola et le Cap Vert de ses parents, qui maintenant lui paraissait moins étranger et plus proche, car elle laissait son cœur s’en approcher doucement, mais sûrement. Tout d’un coup, elle sentit une immense joie l’envahir. L’Océan avait raison ! Cette patrie existait vraiment et elle venait de la découvrir. Il fallait dire cela à son ami et le remercier de lui avoir rendu son passé qui était resté au de-là de l’horizon… Elle se mit debout sur le rocher et tout en mettant ses mains autour de sa bouche, tel un haut-parleur, elle cria :

Merci, l’Océan, de m’avoir fait comprendre ce que je ne voulais pas accepter !

L’océan ne répondit pas. Une vague, qui était venue se heurter contre le rocher, reculait tranquillement vers le large. Maria Rita insista :

  Est-ce que tu m’entends l’Océan. Écoute-moi, mon ami !

La mer resta muette. Petit à petit elle s’aperçut d’un bruit qui venait des rochers environnants. Elle se retourna et vit sa mère qui essayait de maintenir son équilibre sur les rochers pendant qu’elle avançait vers sa fille.

  Que fais-tu ici, Maria Rita ? Je t’ai cherchée partout ! Avec qui parlais-tu ? Je ne vois personne par ici… Ça va, ma fille ?

  Oh, maman, je ne me suis jamais sentie aussi bien. Donne-moi ta main et rentrons à la maison. J’ai envie d’écouter une morna et j’aimerais que tu l’écoutes avec moi.

        Une morna… laquelle, ma fille ?

        Mar de Canal

Maria Rita prit la main de sa mère et, ensemble, elles descendirent du rocher. Elle se retourna une dernière fois vers l’Océan et lui fit un clin d’œil complice. 




samedi 13 septembre 2014

SUNGUILA*






-   Tia Velha, conta aí uma das tuas estórias !
-   Mjjjjjjjj! Já lhi disse que não sou tua tia! E se sou velha, tu é mais ainda! Ou já esqueceu que quando eu vim morar aqui, ainda minina e moça, tu já tava a criar caruncho aí no teu poleiro?! E que estória tu quer pra eu te contar? Já te contei todas as minha estória!
-   Eh!eh! Bons tempos aqueles em que eras menina e moça! Ainda me lembro do teu ar de gazela, cabeleira frondosa e aqueles brincos doirados que trazias em cachos. Eras mesmo um pedaço!
-   É, você quer me adoçar minha boca pra ver se eu conto! Ma não conto, não!
-   Deixa-te de fitas! Conta lá aquela do dia em que a polícia te foi visitar!
-   Hummmm... só conto si você cantar pra mim!
-   Cantar?! Sabes bem que perdi a minha voz depois de tantos anos em silêncio. Conta essa da polícia. Não te lembras?
-   Como não mi lembro! Nunca tive tanto medo na minha vida... Só por causa dos safado daquêlis minino!
-    Safados? Mas são os teus queridos meninos que sempre defendeste e com cujas patifarias te deleitavas! Os teus maravilhosos alunos do liceu!
-   Com leite ou sem leite, eles foram mesmo uns safado dessa veiz. Tu lembra bem como eu dizia sempri pra eles parar com aquelas conversa mêsmo aqui dibaixo da minha janela.
-   Mas afinal o que diziam eles?
-   Hum! Conversa de genti grande, qui minino de liceu não deve falar.
-   Mas que conversa?
-   Hum! Política...Luta... Indipendência... Genti do mato, sei lá! Muita coisa não entendia mêmo. E falava também dum barbudo qui si chamava Maxismo. Isso é nomi de genti?!
-   Não é maxismo, mas sim marxismo e não é nome de ninguém. É uma teoria criada por um homem, de facto barbudo, que se chamava Karl Marx.
-   E como é que tu quer que eu sei? Não andei na escola como você que virou mestre! Pequinininha, comecei minha vida na quitanda a vender o fruto do meu suor!
-   Mas conta lá! O que disseram os polícias?
-   Ué! Ninguém falou! Chigou só e começou a dar porrada nos minino. Tem dois qui consiguiu fugir nas traseira do meu quintal e depois saltou nos campo de jogo do liceu. Os qui ficou levou bué de porrada...
-   Muita tareia.
-   Quê?
-   Os que ficaram levaram muita tareia.
-   Ué? Não é a mêma coisa?
-   Não é, não!
-   Ué?! Então porquê você me corrigiu si não é a mêma coisa?
-   É o mesmo acto, mas dito de uma maneira mais... correcta. Bem, mas isso não importa, que eu já desisti de te ensinar a falar como deve ser... Nem com todos esses anos a escutar conversas de estudantes tu conseguiste aprender!
-   Ché! Pára de mi insultar! Você queres dizer qui sou burra?
-   Nada disso, minha amiga! Estou só a brincar contigo!
-   Hum! Mjjjjjj....
-   Acaba lá a tua estória. O que fizeram os polícias a esses meninos que levaram tare... bué de porrada?
-   Viu que você também fala como eu?!
-   He! He!
-   Bem, os policia carregou os minino e levou tudo na esquadra e no dia seguinte veio um policia aqui na minha casa com o doutor do liceu...
-   Com o Reitor do liceu?
-   Esse mêmo, esse que manda aí no liceu. Sabe quê que o polícia falou pra êli? Si os minino não pára de vir juntar aqui no pé da minha janela, êlis deita meu muro abaixo! Você viu se eu ficava mêmo sem muro? Agora é qui os safadinho entrava mêmo no meu quintal pra roubar meu ganha pão!
-   Mas esse teu muro nunca os impediu de entrar e ir roubar o teu ganha pão!
-   É, nisso tu tem razão! E ainda se era pra comer! Mas muita veiz era pra atirar nos camião dos monangambé! Os coitado já ia no castigo na carroça do camião e inda levava com coisa nas cabeça! Era mesmo uns safadinho, mas eu gostava muito dêlis. Cabeça rijo da idade, mas não era mau, não senhor! Só brincadeira!
-   De muito mau gosto, na maior parte das vezes!
-   Chê! Não jagera.
-   E-xa-ge-ra.
-   Lá vem você outra veiz! Daqui a pouco mi calo de veiz!
-   Mas acaba lá a estória da polícia e do muro. Os meninos voltaram a vir para o teu muro?
-   Durante uns tempo não e dipois veio outros. Esses aí uns tinha cabelo comprido como as minina e vestia camisa com florzinha. Ai ué! Me ria tanto! E as calça, você si lembra daquelas calça qui parecia saco di boca pra baixo? Mas não voltaram mais com aquelas conversa di política. Só fumar uns cigarrinho qui êlis mêmo enrolava.
-   Isso também não devia ser muito católico!
-   Eh! Juventude! Sabi uma coisa? Tenho muita saudade daquêli tempo. Mi lembro qui quando caiavam o muro do liceu, caiavam o meu também. Agora já ninguém caia...
-   É, velhos tempos minha amiga, mas agora os tempos são outros, os meninos já não têm tempo para brincar! A vida está dificil.
-   Difícil mêmo! Vender fruta já não chega pra viver! Agora é só esperar nossa hora...
-   Hi! Tanta desanimação! Qual nossa hora! A gente está aqui ainda para durar! Deus é pai e a Virgem é mãe! Vais ver que tu ainda hás-de voltar a vender a tua fruta e a ter o teu muro caiado. E eu vou recuperar a minha voz! E ainda vais ter muitas estorias de meninos para contar, pois eles voltarão a sentar-se no teu muro!
-   Ai! Mestre Sino das Torre! Só memo você pra adoçar a boca daqui da Maria Manguêira!

* Sunguila (t. Kinbundo): Passar a noite a conversar, geralmente a contar histórias